LE CAIRE, Égypte — Les dirigeants égyptiens continuent à restreindre
la liberté d'assemblée, à torturer les détenus et à traduire des civils
en procès devant des tribunaux militaires, mettant en relief le besoin
urgent de réformes, a déclaré jeudi l'organisation Amnistie
Internationale.
Dans un rapport détaillant les atteintes aux
droits de la personne survenues pendant et après le soulèvement
populaire qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir le 11 février, le
groupe londonien demande aux autorités égyptiennes de réformer en
profondeur les forces de l'ordre du pays pour en assurer la transparence
et empêcher de nouvelles infractions.
Le rapport de 123 pages
affirme que 840 personnes ont été tuées et plus de 6000 blessées pendant
le soulèvement. Des milliers d'autres personnes auraient été
emprisonnées ou torturées.
Le document ajoute que 189 des victimes
ont été tuées illégalement par des gardiens de prison qui essayaient
d'écraser des troubles; plus de 250 prisonniers auraient aussi été
blessés.
Amnesty cite également l'exemple d'Amr al-Beheiry, un
homme qui aurait été arrêté, battu et torturé par la police militaire
après avoir manifesté pacifiquement devant le parlement au Caire, le 26
février. Il a ensuite été condamné à cinq ans de prison par un tribunal
militaire pour avoir supposément attaqué un représentant public et pour
avoir enfreint le couvre-feu.
Par ailleurs, l'armée égyptienne au
pouvoir a décidé de suspendre les peines de prison de 120 personnes, qui
avaient manifesté pour réclamer le départ du président déchu Hosni
Moubarak.
Le conseil suprême des Forces armées précise dans son
communiqué que des peines de sept ans de prison prononcées contre 120
manifestants avaient été ramenées à des peines d'un an avec sursis.
D'autre
part, il nie avoir utilisé des armes pour mettre un terme à
l'occupation des manifestants, après le départ d'Hosni Moubarak le 11
février dernier.
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